Si mes ouvrages reprennent toujours les mêmes ingrédients (aventure, magie, créatures fabuleuses, paysages envoûtants, introspection, engagement, liens familiaux, esprit d’équipe), ceux-ci sont présents en différents dosages d’un tome à l’autre.
C’est particulièrement visible avec Les Sept Reliques. Ces mélanges sont pensés avec soin, bien en amont de l’écriture, pour véhiculer des messages différents.
L’exploration convient plutôt à ce qui nous vend du rêve : Al Dashar et son inspiration proche-orientale, le royaume des fées… Les temps calmes, de conversation, servent à Cordélia à évoluer, car elle acquiert de nouvelles caractéristiques mentales (en lien avec son gain de maturité) à chaque tome, mais certaines demandent plus de travail que d’autres. Les temps d’action coïncident avec les environnements difficiles. Une balade dans les forêts de l’Arboréa n’est pas comparable avec la traversée des cimes altéennes, inspirées par l’Himalaya !
Bien sûr, c’est un équilibre à trouver, aucun roman n’est dans l’extrême. Si rude que soit l’Altéa, l’isolement prolongé des personnages les oblige aussi à communiquer davantage, au risque de saper l’harmonie du groupe. Et, pour merveilleuse qu’elle est, une savane enrichie en magie n’est pas un milieu où l’on peut espérer avancer sans se battre.
Le tome 5 est particulièrement riche en scènes de combat. Car pour ses habitants, la vie est une lutte permanente ; je voulais que le groupe de Cordélia l’éprouve aussi, à sa manière. Entre mutants, monstres, sorciers, fantômes et prêtres, ils ont beaucoup d’ennemis ! Alors que tome suivant, davantage tourné vers le développement de Cordélia prête à devenir indépendante, suit un rythme plus paisible.
On retrouve ces différentes vibrations au niveau des Chroniques du Nouveau-Monde, pour des raisons autres. Puisque les trois tomes correspondent à des âges distincts, à une maturité variable de Salamandre, le premier (où elle est vulnérable) est plutôt une exploration contemplative, le second (phase transitoire) est très dynamique, le dernier (métaphore de la sagesse) alterne entre belles descriptions et passages d’introspection profonde.
Mes deux séries pour la jeunesse sont plus uniformes, orientées vers l’aventure entrecoupée d’affrontements magiques, avec tout de même une meilleure maturité sur l’histoire des Sang-Mêlé (destinée à des lecteurs un peu plus grands).

